Procès de Rima Hassan : une première matinée sous tension, marquée par les incidents, les invectives et les suspensions d’audience

La première matinée du procès de Rima Hassan, ouverte lundi 19 octobre 2026 au tribunal judiciaire de Paris, a été marquée par les incidents, les invectives et plusieurs suspensions d’audience. Jugée pour apologie du terrorisme après la publication d’un message sur X, l’eurodéputée a annoncé qu’elle exercerait son droit au silence, tandis que la défense contestait la régularité de la procédure.

Procès de Rima Hassan : une ouverture d’audience sous tension à Paris

Dans une salle comble, les épaules drapées d’un keffieh, Rima Hassan a pris brièvement la parole à la barre. Elle s’est présentée comme une élue particulièrement visée en raison de ses positions politiques, avant d’affirmer qu’elle n’avait « pas d’autre choix » que de garder le silence pour la suite des débats.

Le message publié sur X au cœur des poursuites

Le dossier porte sur une publication diffusée le 26 mars sur le compte X de l’élue, suivi par environ 420 000 personnes. Le message reprenait une citation attribuée à Kozo Okamoto, impliqué dans l’attentat de 1972 à l’aéroport de Tel-Aviv, et présentait la résistance à l’oppression comme un devoir.

Le ministre de l’Intérieur a signalé le contenu au parquet, suivi par l’Organisation juive européenne et la Licra. Rima Hassan conteste la portée politique donnée aux poursuites et dit continuer à condamner les réjouissances liées à la mort de civils, israéliens comme palestiniens.

La garde à vue qui a suivi a également alimenté la controverse, après la circulation d’informations concernant de la drogue qui aurait été trouvée dans son sac. L’élue a dénoncé ces éléments comme faux et regretté l’absence d’enquête judiciaire destinée, selon elle, à en éclaircir l’origine. Des articles reviennent sur la fausse information évoquée pendant la garde à vue et sur cette mesure qui avait suscité de vives réactions.

Incidents et invectives pendant les débats sur la procédure

Avant même l’examen du fond, la matinée s’est concentrée sur la régularité de la procédure. Vincent Brengarth, l’avocat de Rima Hassan, a contesté le recours au flagrant délit et soutenu que la qualification retenue permettait de contourner l’immunité parlementaire dont se prévaut l’eurodéputée.

Une défense qui dénonce une « asymétrie procédurale »

L’avocat a mis en cause l’impartialité des parties civiles, parmi lesquelles figurent notamment la Licra, l’Organisation juive européenne et l’Observatoire juif de France. Il a évoqué les liens présumés de certaines d’entre elles avec Israël, tandis que la présidente de la Licra, Galina Elbaz, a critiqué à la barre ce qu’elle a qualifié de « scope antisémite » et de propos complotistes.

La confrontation a provoqué une première interruption : Vincent Brengarth a quitté la salle, suivi par sa cliente, après avoir estimé que sa probité était mise en cause. Au cours d’une suspension, le président de l’Observatoire juif de France l’a traité de « salopard », épisode qui a encore alourdi l’atmosphère. Un compte rendu des débats agités détaille cette succession de tensions et d’interruptions.

Ces échanges ont relégué au second plan, pendant plusieurs heures, la question centrale du dossier : à quel moment une citation publiée en ligne relève-t-elle de l’apologie du terrorisme ? La défense entend faire trancher cette frontière juridique avant que le tribunal ne se prononce sur le message lui-même.

Une affaire au croisement de la liberté politique et du droit pénal

Rima Hassan, juriste en droit international et militante de la cause palestinienne, a dénoncé l’ampleur des procédures engagées contre elle. Elle a aussi affirmé que la procédure de flagrant délit constituait, selon elle, une première pour une élue européenne et critiqué ce qu’elle décrit comme un agenda politique des parties civiles.

Selon le parquet de Paris, une vingtaine de plaintes visant l’eurodéputée ont été classées sans suite. La même source indique qu’elle apparaît comme victime dans une dizaine d’autres procédures, tandis que ses prises de position continuent de provoquer de vifs affrontements sur les réseaux sociaux.

À l’issue de sa courte déclaration, l’élue a regagné sa place et n’a plus répondu aux questions. Cette matinée aura ainsi installé le procès dans une atmosphère de confrontation, où la justice doit examiner à la fois les limites de la liberté d’expression et les garanties procédurales revendiquées par la défense.

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Kim

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