À quelques jours de la COP17 sur la biodiversité, le chef de l’ONU António Guterres lance un avertissement sans détour : soutenir financièrement les énergies fossiles revient à entretenir une trajectoire qui menace l’avenir collectif. Son appel vise les choix budgétaires des États, alors que près de 200 pays doivent se retrouver à Erevan, en Arménie, pour deux semaines de discussions.
ONU : pourquoi les subventions aux énergies fossiles inquiètent
Le 16 octobre 2026, lors d’un sommet de dirigeants, António Guterres a dénoncé les aides publiques qui prolongent la dépendance au charbon, au pétrole et au gaz. Son propos place le financement public au cœur du débat : chaque soutien accordé à ces combustibles peut ralentir la transition énergétique et détourner des ressources d’autres priorités.
Le message ne signifie pas que toutes les aides liées à l’énergie ont le même effet. Certaines visent à protéger les ménages contre la hausse des factures ; l’enjeu, pour les gouvernements, est de distinguer ces mesures de celles qui encouragent durablement la production ou la consommation d’énergies fossiles.
Des choix budgétaires qui pèsent sur le changement climatique
Lorsqu’un État soutient la production de combustibles fossiles, il contribue à maintenir des équipements et des usages fortement émetteurs. Les émissions de gaz à effet de serre s’accumulent dans l’atmosphère ; réduire leur progression suppose donc aussi de réorienter les investissements, plutôt que de prolonger indéfiniment les mêmes modèles.
On peut l’illustrer par le cas fictif d’une petite entreprise de transport : si le diesel reste artificiellement avantageux, elle aura moins de raisons de moderniser sa flotte ou d’adopter des solutions moins polluantes. Le signal envoyé par les politiques publiques peut ainsi accélérer ou freiner les changements concrets.
Transition énergétique : réorienter le financement public
Guterres défend une autre allocation des ressources : investir davantage dans les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique et les infrastructures capables de soutenir une économie moins dépendante du carbone. Une telle réorientation ne se décrète pas d’un seul geste ; elle demande des choix progressifs, une planification crédible et un accompagnement pour les travailleurs et les territoires concernés.
Pour la famille fictive d’une ville exposée aux fortes chaleurs, l’enjeu se traduit aussi dans la vie quotidienne : bâtiments mieux isolés, transports collectifs fiables et énergie propre peuvent réduire à la fois les dépenses et la vulnérabilité. La transition énergétique devient alors une réponse pratique à l’urgence climatique, et non un objectif abstrait.
À la COP biodiversité, l’appel à la cohérence
Les discussions prévues à Erevan doivent se tenir dans un contexte où climat et biodiversité se croisent : les bouleversements climatiques fragilisent les milieux naturels, tandis que la dégradation des écosystèmes réduit leur capacité à absorber le carbone et à protéger les populations. Le choix des aides publiques concerne donc aussi le développement durable et la préservation des ressources dont dépendent les sociétés.
La formule du secrétaire général de l’ONU cherche à rendre visible cette contradiction : financer une activité qui aggrave les risques tout en promettant de les réduire. À l’approche des négociations, la question centrale demeure celle de la cohérence entre les engagements annoncés et les dépenses réellement décidées.