Haute-Savoie : deux producteurs de chanvre craignent les amalgames face à une réglementation anxiogène

En Haute-Savoie, Ben et Elena cultivent du chanvre à fleurs de CBD au milieu de leurs fruits et légumes. À l’approche de la récolte, ces deux producteurs redoutent autant les vols et les intrusions que les amalgames entre leur activité agricole et le cannabis récréatif.

En Haute-Savoie, une culture de chanvre à taille humaine

Près de leur ferme, 320 pieds de chanvre poussent à côté des cultures destinées à leur consommation. Ben et Elena, dont les prénoms ont été modifiés pour préserver leur tranquillité, préparent seuls la récolte des fleurs de CBD, qu’ils vendent notamment à des commerces spécialisés.

Leur exploitation associe différentes pratiques de culture et un bassin où vivent une quarantaine de poissons. Ce petit écosystème participe à l’équilibre de la ferme, tandis que les producteurs s’appuient sur leur expérience pour mener cette culture saison après saison. Ils récoltent près de 100 kg de fleurs et en sont à leur troisième saison depuis 2023.

La réglementation du CBD nourrit l’inquiétude des producteurs

Une filière agricole confrontée à un cadre difficile à lire

Pour Ben et Elena, produire du CBD suppose de suivre une réglementation qui peut sembler changeante et complexe. Cette incertitude pèse sur les décisions du quotidien : organiser la récolte, sécuriser les débouchés et expliquer la nature de leur activité à ceux qui découvrent leurs parcelles.

Leur situation s’inscrit dans les difficultés plus larges d’une filière agricole qui cherche encore ses repères. Les débats autour de la place du chanvre en France, évoqués dans cet aperçu du secteur du CBD et du chanvre, montrent combien la stabilité des règles compte pour les producteurs qui investissent sur plusieurs saisons.

Amalgames autour du cannabis et risques d’intrusion

Expliquer la différence entre chanvre et cannabis récréatif

L’odeur des fleurs peut surprendre les voisins et les passants. Mais cette proximité sensorielle avec le cannabis suffit parfois à brouiller les perceptions : Ben et Elena craignent que leur culture soit assimilée à une activité illégale, alors qu’ils présentent leur production comme une culture de chanvre destinée au marché du CBD.

Cette confusion ne reste pas théorique. La visibilité des plants peut attirer les convoitises et renforcer la crainte de vols ou d’intrusions, particulièrement à l’approche de la récolte. D’autres récits de terrain, comme celui de ce producteur de chanvre qui alerte sur les difficultés du CBD, témoignent des tensions que peuvent rencontrer les petites exploitations.

Une récolte qui exige de la vigilance

À la ferme, la préparation de la récolte mobilise les deux associés : près de 100 kg de fleurs doivent être cueillis et traités par leurs soins. Quand le travail agricole se déroule sous le regard inquiet d’éventuels intrus, l’effort ne se limite plus à la culture : il faut aussi protéger les plants et préserver la discrétion du lieu.

Leur expérience rappelle ainsi que la législation ne façonne pas seulement les ventes ou les pratiques agricoles. Elle influence aussi la manière dont les producteurs peuvent travailler sereinement et être compris par leur entourage.

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Kim

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