Deux laveries de Foix, une voiture repérée par les caméras et seulement 78 euros emportés : dans la nuit du 14 au 15 septembre, une série de vols a laissé près de 10 000 euros de dégâts. Au tribunal, Mélanie et Sébastien ont évoqué une mauvaise décision prise au mauvais moment, tandis que l’implication du fils mineur de la prévenue a donné à l’affaire une dimension familiale particulièrement douloureuse.
À Foix, une série de vols dans des laveries automatiques
Vers 1 h 50, les images de vidéosurveillance du Lavomatic de Labarre montrent deux silhouettes cagoulées s’attaquer aux machines. Une troisième personne reste dans la voiture, chargée de faire le guet. Quelques minutes plus tard, le même scénario se répète dans une laverie située près de l’Intermarché de la zone de Peysales.
Les auteurs repartent avec 78 euros, mais les dégradations atteignent près de 10 000 euros. Le décalage entre le maigre butin et le coût des réparations résume les conséquences d’un geste impulsif : le braquage a rapporté peu, tout en ouvrant une lourde procédure judiciaire.
Les caméras permettent aux policiers de remonter jusqu’au couple
Les enquêteurs identifient rapidement la voiture utilisée cette nuit-là. Ses motifs distinctifs avaient déjà été filmés plusieurs heures auparavant, alors que Mélanie et Sébastien faisaient des courses. Les policiers retrouvent ensuite, dans le logement Airbnb loué par Sébastien lors de sa visite à sa compagne, des objets liés aux faits, dont un pied-de-biche et des cagoules.
Le fils mineur de Mélanie, Julien, est le premier à reconnaître son implication pendant sa garde à vue. Il aurait joué le rôle de guetteur. L’affaire évoque alors, en apparence, une famille criminelle, mais l’audience met surtout en lumière une décision d’adultes qui a entraîné un adolescent dans une infraction.
Une mauvaise décision au cœur d’une relation sous tension
À la barre, Mélanie raconte une période de grande fragilité : perte de son emploi, dépression et consommation d’alcool et de stupéfiants. En larmes, elle parle d’une succession de mauvais choix. Sébastien, lui, explique qu’il a pensé aux pièces dans les machines après avoir aperçu de la monnaie en venant laver du linge.
Le couple, originaire de Valenciennes, entretient une relation décrite comme fusionnelle malgré l’éloignement. À la question de la présidente sur l’origine de l’idée, chacun répond d’abord qu’elle venait de lui. La magistrate leur rappelle toutefois que leur fils n’avait pas à être mêlé à leurs décisions : la tension de l’audience se cristallise alors autour de leur responsabilité parentale.
Des difficultés personnelles invoquées, mais contestées par le tribunal
Sébastien évoque un traumatisme lié à une ancienne tentative d’assassinat dans le Nord, dossier qui reste en instruction. Il affirme ne pas être bien psychologiquement et ne pas avoir réfléchi. La présidente relève cependant que son casier comporte déjà 18 mentions et souligne que ses antécédents sont antérieurs à cet épisode.
Mélanie, qui n’avait jusque-là pas été condamnée, parle de sa dépression et de ses efforts pour réduire certaines consommations. La substitut du procureur estime que les éléments matériels rendent le dossier particulièrement solide. Elle critique les priorités du couple, tandis que la défense décrit une avidité moins déterminante que le mélange de difficultés financières, de souffrance psychique et d’alcool.
Les peines prononcées après les vols de Foix
Le parquet avait requis 18 mois de prison avec maintien en détention pour Sébastien. Pour Mélanie, il demandait une peine de même durée, dont six mois avec sursis probatoire, ainsi qu’une interdiction de contact entre les deux prévenus.
Le tribunal suit les réquisitions concernant Sébastien, qui reçoit 18 mois de prison supplémentaires. Mélanie est condamnée à six mois avec sursis probatoire, assortis d’une obligation de soins et de travail, mais sans interdiction de contact. L’audience ne raconte pas une cavale, mais les conséquences judiciaires d’une série de vols dont le butin n’a jamais été à la mesure des dégâts.