À l’aube de l’examen par l’Assemblée nationale du projet de loi de finances 2026, l’économie française s’apprête à franchir une étape cruciale avec l’instauration d’une fiscalité inédite sur la vape et le CBD. Ces produits, jusque-là peu encadrés, se retrouvent au cœur d’un débat mêlant enjeux sanitaires, économiques et sociaux. Sous l’impulsion de la Direction générale des finances publiques et des Douanes françaises, une taxation « minorée » se profile, suscitant autant d’espoirs que de réserves parmi les professionnels du secteur et les acteurs institutionnels.
La fiscalité émergente autour de la vape et du CBD : un tournant pour le marché français
Depuis plusieurs années, le marché de la vape, soutenu par des marques comme Alfaliquid, Vapote-Moi ou encore des géants comme British American Tobacco France (BAT) et Philip Morris France, connaît une expansion rapide. Malgré cette croissance, les produits de vapotage échappaient à une taxation spécifique, contrairement au tabac traditionnel. Cette inégalité est désormais en passe d’être corrigée. Selon Florian Colas, directeur général des douanes, le projet de loi de finances prévoit une taxe modérée de 0,03 centime par millilitre sur les e-liquides, nettement inférieure à la proposition initiale rejetée par le Sénat l’année précédente. Cette mesure vise à équilibrer la compétitivité du secteur tout en garantissant une source de recettes pour l’État.
Un cadre réglementaire proche de celui du tabac pour une meilleure maîtrise
Le ministère de l’Économie pousse un encadrement renforcé, calqué sur la rigueur qui entoure déjà les produits du tabac. L’idée est de soumettre les vendeurs de vape et de CBD à des règles similaires à celles des buralistes, notamment en matière de formation et d’emplacement. Philippe Coy, président sortant de la Confédération des buralistes, évoque cette harmonisation comme un moyen de limiter le commerce parallèle, un fléau qui nuit tant à la santé publique qu’à l’économie formelle, un enjeu crucial soutenu par la Direction générale des finances publiques.
Le CBD, souvent méconnu, est également intégré dans cette stratégie. Des entreprises telles que Marie Jeanne CBD se préparent à répondre aux nouvelles exigences fiscales et réglementaires, renforçant ainsi leur légitimité face à un marché jusqu’ici labyrinthique.
Les professionnels face à une taxation qui bouleverse leurs modèles économiques
Même si la taxation prévue est qualifiée de « minorée », sa mise en place inquiète certains acteurs du secteur. Le monde de la vape, notamment les indépendants, voit en cette décision un risque d’augmentation des prix qui pourrait favoriser le marché noir, déjà très actif. La crainte est que le consommateur se détourne des circuits officiels au profit de produits non contrôlés, avec toutes les conséquences sanitaires que cela implique.
Quelques acteurs historiques comme BAT et Philip Morris France observent quant à eux ces évolutions avec une certaine sérénité, ayant déjà adapté leurs modèles aux contraintes réglementaires internationales. Toutefois, l’ensemble du secteur reste attentif aux délibérations de l’Assemblée nationale, dont le vote final déterminera le sort de ces mesures.
Des producteurs de CBD alertent sur les répercussions d’une taxe accrue
Parallèlement, la filière du CBD, en plein essor notamment chez des cultivateurs comme ceux de la région d’Uzès, manifeste son inquiétude face à une réglementation imminente. Un appel croissant des producteurs s’élève contre l’instauration d’une taxe qui pourrait compromettre la vitalité économique de ce segment. Ce cri d’alarme est relayé par plusieurs médias et communautés spécialisées dans l’agriculture du chanvre et le secteur indoor français, soulignant un risque de découragement pour des producteurs qui contribuent activement à l’innovation et à l’emploi local.
La pression pour un équilibre entre taxation, sécurité sanitaire et maintien d’une filière prospère reste donc vive. Cette question se débat aussi au sein du Ministère de l’Économie, où l’on cherche à concilier recettes fiscales et soutien à la croissance économique.
Pour approfondir :
le projet de budget et ses impacts sur l’industrie CBD,
les défis des agriculteurs d’Uzès,
les alertes des cultivateurs de chanvre,
l’appel des producteurs face à la taxation,
le développement du CBD indoor français.