Le projet de loi de finances pour 2026 suscite une vive inquiétude dans le secteur du cannabidiol (CBD), notamment à Buxerolles où un gérant de boutique anticipe une vague de fermetures massives. La proposition gouvernementale d’instaurer une forte hausse des taxes sur les produits à base de CBD susceptibles d’être fumés menace l’équilibre économique fragile de ce marché en pleine expansion. Alors que la fiscalité actuelle repose principalement sur la TVA sans application d’accises spécifiques, ce renforcement fiscal pourrait provoquer une flambée des prix et fragiliser durablement les commerces spécialisés. Une situation qui pourrait déboucher sur une fermeture estimée à 75 % des boutiques en France.
Impact économique de la hausse des taxes sur le CBD à Buxerolles
Au cœur de Buxerolles, Thibault Bouchet, propriétaire d’un commerce spécialisé, voit d’un très mauvais œil la montée des taxes annoncée dans le projet de loi. Cette réglementation fiscale, qui envisagerait de calquer la taxation du CBD fumable sur celle du tabac via l’instauration d’une accise, ferait grimper les prix de vente entre 30 et 50 %. Cette brusque augmentation met en péril la rentabilité des boutiques, déjà soumises à une forte concurrence des importations. Sur un marché où les fleurs de CBD, exemptes aujourd’hui d’accises spécifiques, constituent encore la majeure partie des ventes, un tel bouleversement pourrait conduire à la fermeture de la majorité des commerces spécialisés.
Vers une fermeture massive de boutiques spécialisées
Les chiffres évoqués par les professionnels de la filière sont alarmants : avec plus de 2 000 points de vente au niveau national, 75 % risquent de tirer le rideau si la taxation annoncée se confirme. Ce pronostic inquiétant soulève un débat crucial sur le maintien du tissu commercial local et la survie des petites entreprises engagées dans ce secteur. Le commerce CBD de proximité, à Buxerolles comme ailleurs, s’appuie en grande partie sur des marges déjà serrées. L’introduction d’une taxe additionnelle, allant parfois jusqu’à 55 %, compromettrait de manière dramatique la rentabilité et la pérennité des magasins.
Réglementation fiscale et ses conséquences sur le marché du CBD
Aujourd’hui, les fleurs et résines de cannabidiol sont soumises à une TVA standard de 20 %, sans accises supplémentaires contrairement au tabac. Cependant, certains fournisseurs pratiquent encore un taux réduit de 5,5 %, bien que l’administration fiscale ait clarifié en 2023 que le taux normal s’applique à ces produits. Ce flou fiscal a contribué à la complexité du marché et à des disparités dans la tarification.
Le projet du gouvernement pour 2026 vise à instaurer un régime fiscal similaire à celui des tabacs manufacturés, limitant notamment la vente aux points agréés comme les bureaux de tabac. Cette mesure sévère provoquerait non seulement une augmentation directe des tarifs du CBD fumable, mais aussi une restructuration profonde du circuit de distribution, marginalisant les boutiques indépendantes à l’image de celle de Buxerolles.
Conséquences sociales et sanitaires redoutées
Thibault Bouchet souligne un paradoxe préoccupant : face à la hausse des prix, les consommateurs pourraient être tentés de se tourner vers des circuits parallèles, notamment le marché noir, où les produits contiennent souvent des substances illicites comme le THC. Cette dérive pourrait aggraver les risques sanitaires, alors même que la réglementation cherche officiellement à protéger la santé publique. Le commerce légal du CBD connaîtrait une véritable crise, avec des répercussions en cascade sur l’emploi et l’économie locale.
Mobilisation des parlementaires et regards croisés sur l’avenir du commerce CBD
Face à ces inquiétudes, les députés et sénateurs ont déjà pris position pour alléger la fiscalité envisagée. Fin novembre 2025, l’Assemblée nationale a retiré l’article prévoyant cette accise, suivi par le Sénat qui a adopté des amendements en ce sens, reconnaissant une pression fiscale excessive sur la filière et ses consommateurs. Cependant, l’avenir reste incertain car cette question pourrait revenir devant la commission mixte paritaire chargée de trouver un compromis pour le budget 2026.
Alors que le marché du CBD peine à s’imposer durablement face à une concurrence étrangère importante, le secteur attend avec anxiété les prochaines étapes législatives, conscient que la réglementation fiscale pourrait transformer radicalement son paysage, notamment à Buxerolles, où la survie des commerces est suspendue à cette décision cruciale.