« Je marque énormément » : malgré sa condamnation à deux ans de prison pour l’avoir projetée, elle prend la défense de son conjoint

Un homme a été condamné à deux ans de prison, dont douze mois avec sursis probatoire, après avoir violemment agressé sa compagne et frappé leur fille dans le Lot. À l’audience, la victime a minimisé certains éléments et pris la défense de son conjoint, tandis que le tribunal a ordonné son maintien en détention.

Violences conjugales dans le Lot : une agression qui se déroule devant leur fille

La scène remonte au 9 août. Après une dispute liée à sa consommation de CBD, l’homme projette sa compagne contre un buffet, puis la plaque au sol lorsqu’elle tente de se relever. Il lui donne des coups de pied, crache sur elle, l’insulte et la menace de mort ; les faits lui valent sept jours d’incapacité totale de travail.

La mère du prévenu tente alors de protéger sa belle-fille, tandis que leur enfant assiste à la scène. La présidente du tribunal de Cahors décrit des violences particulièrement préoccupantes, d’autant que l’homme avait déjà été condamné pour des faits commis sur sa compagne.

« Je marque énormément » : le témoignage de la compagne à l’audience

La femme explique que son conjoint n’était pas dans son état normal et revient sur les auditions de sa fille et de sa belle-mère. Quand le tribunal lui demande comment elle explique ses blessures, elle répond qu’elle ne conteste pas les marques, mais qu’elle marque facilement.

Elle n’a pas constitué partie civile, ni en son nom ni au nom de sa fille, et a adressé plusieurs courriels critiques envers la procédure. Ses interventions pendant l’audience amènent la présidente à lui rappeler le fonctionnement du procès et à souligner qu’elle semble ne pas mesurer la gravité des faits. Cette défense du conjoint ne fait toutefois pas disparaître les éléments examinés par la justice.

Une condamnation à deux ans de prison, avec maintien en détention

À la barre, le prévenu reconnaît les faits et exprime ses regrets. Il évoque les tensions du couple, la jalousie, des infidélités, une dépression et des addictions, avant de rendre hommage aux qualités de sa compagne. Il parle aussi d’une enfance marquée par les violences d’un père et reconnaît avoir « des démons », malgré un tempérament qu’il dit plus calme avec l’âge.

Le procureur rappelle que les violences intrafamiliales ne relèvent pas de la seule vie privée : elles constituent une infraction pénale. Il requiert vingt-quatre mois d’emprisonnement, dont la moitié avec sursis probatoire, assortis d’une obligation de soins et d’une interdiction de contact. Le tribunal suit ces réquisitions et maintient l’homme en détention, où il se trouvait depuis les faits.

La fille représentée par une association durant le procès

Comme la mère ne s’est pas constituée partie civile pour l’enfant, une association a été désignée afin de représenter la fillette. Son avocate demande une expertise psychologique et s’inquiète de la place accordée à l’enfant dans les récits des deux parents : à ses yeux, les débats ont trop souvent ressemblé à une discussion sur le couple, alors que la fille était présente lors des violences.

La décision interdit au condamné de contacter sa compagne et leur enfant, même si la mère ne souhaite pas cette mesure. La protection de la victime et de la fillette s’impose ainsi au-delà de leur position à l’audience, un principe également au cœur d’autres dossiers de violences, comme cette affaire de menaces et de poursuite d’une ancienne compagne.

La justice distingue la situation du couple de la protection de l’enfant

L’avocat du prévenu rappelle que son client a reconnu les faits et propose un placement sous bracelet au domicile de sa mère. Le tribunal retient plutôt la peine demandée par le parquet et l’interdiction de contact, en considérant la gravité de l’agression et la nécessité de protéger la mère comme la fille.

Le dossier met en lumière une difficulté fréquente dans les affaires de violences conjugales : une personne peut minimiser ce qu’elle a subi ou vouloir préserver son partenaire, sans que cela efface les conséquences pour l’enfant témoin. Dans une autre affaire, les magistrats ont également examiné des faits de violence et de confrontation avec les forces de l’ordre, relatés dans ce compte rendu d’une agression dans le Nord.

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Kim

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